Ultima reprend Voltaire et lance une édition Eden Park pour bâtir un groupe français du VAE

Ultima reprend Voltaire et lance une édition Eden Park pour bâtir un groupe français du VAE

Ultima Mobility : de la start-up lyonnaise au groupe industriel

Fondée en 2021 par Jérôme Mortal, ancien de l’industrie automobile et de la Formule 1, Ultima Mobility s’est rapidement distinguée dans le paysage du vélo électrique français. Son produit phare, le Multipath, repose sur un cadre en carbone recyclé issu de l’industrie automobile — celui de BMW, pour être précis — injecté de plastique et fabriqué en interne dans l’usine de Saint-Priest, aux portes de Lyon. Cette approche atypique, mêlant technologie de pointe et circuit court, a permis à la marque de se forger une identité forte dans un marché où la grande majorité des acteurs importent leurs cadres d’Asie. Aujourd’hui, Ultima franchit un nouveau cap en se transformant en véritable groupe multimarch, une évolution incarnée par le lancement d’une série limitée prestigieuse et la reprise d’un concurrent emblématique.

Une collaboration d’exception avec Eden Park

Pour marquer cette nouvelle étape, Ultima s’est associée à Eden Park, la maison de mode fondée par les rugbymen Franck Mesnel et Éric Lux. Le résultat est une édition limitée à 200 exemplaires du Multipath, fruit d’un travail approfondi sur les matériaux et l’esthétique. Loin d’un simple exercice de co-branding avec un logo apposé sur le cadre, cette collaboration a donné naissance à un vélo retravaillé dans ses moindres détails. Le cadre arbore des rayures avec un effet dégradé aux couleurs de la maison Eden Park, tandis que la selle et les poignées sont habillées de cuir bleu marine. Les garde-boue adoptent une finition carbone et le pédalier se pare d’une teinte couleur chaîne qui apporte une touche d’élégance supplémentaire.

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Parmi les nouveautés techniques, on retrouve des pneus plus larges pour un meilleur confort, une fourche suspendue et un tube de selle télescopique, des choix pertinents pour absorber les irrégularités des pavés parisiens. Mais la surprise la plus remarquable réside dans l’adoption d’un tube supérieur amovible en carbone, capable de supporter une sacoche de cadre. Cette innovation, qui rappelle ce que propose le Diamant Suvea, confère au vélo une modularité inédite. Le Ultima Multipath Eden Park est proposé à 4 990 euros et disponible aussi bien sur le site de la marque que dans les boutiques Eden Park.

Le moteur Valeo Cyclee, un atout technologique français

Sous le pédalier, le Multipath Eden Park embarque le moteur-boîte automatique Valeo Cyclee, une motorisation française qui se démarque radicalement de la concurrence. Ce bloc central délivre un couple généreux de 130 Nm, largement suffisant pour avaler les côtes les plus raides sans effort. Sa particularité réside dans sa transmission automatique à 7 vitesses intégrée directement dans le moteur, ce qui élimine toute intervention du cycliste sur le passage de rapport. Le mode Boost permet de franchir les pentes les plus sévères avec une facilité déconcertante. Ce choix technologique s’inscrit dans une tendance de fond où les constructeurs français, à l’image de ce que l’on observe dans le secteur des moteurs made in France, cherchent à développer des solutions propriétaires pour se différencier des géants Bosch et Shimano.

Le système intègre également un antivol avec alarme et un traceur GPS, des fonctionnalités de sécurité devenues indispensables dans les grandes villes où le vol de vélos électriques reste un fléau. L’autonomie annoncée grimpe jusqu’à 105 km, un chiffre honorable pour un vélo urbain de ce gabarit, et le tout affiche un poids contenu de 21 kg grâce au cadre en carbone recyclé.

La reprise de Voltaire, un coup stratégique majeur

Au-delà de cette série limitée, l’actualité d’Ultima est marquée par un événement industriel de premier plan : la reprise de Voltaire, autre marque française de vélos électriques haut de gamme. Placée en liquidation judiciaire après une rupture d’approvisionnement, Voltaire affichait pourtant des fondamentaux solides, avec une croissance de 50 % en 2025 et plus de 5 000 unités vendues depuis sa création en 2021. Jérôme Mortal avait déjà émis une première offre industrielle en 2024 auprès des fondateurs. Grégoire Lieurade, l’un d’entre eux, poursuit désormais l’aventure au sein du groupe Ultima.

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Pour Ultima, cette acquisition ne relève pas du sauvetage charitable mais bien d’un calcul stratégique. Voltaire dispose d’un réseau de boutiques physiques, d’une clientèle fidèle et d’une gamme en constante évolution avec des modèles comme le Legendre et le Rivoli. La marque parisienne prépare même un fatbike baptisé Paname pour le printemps, destiné à séduire un public en quête de gros pneus sans renoncer à l’élégance. Cette complémentarité avec l’ADN plus technologique et polyvalent d’Ultima ouvre des perspectives de développement considérables.

Trois marques sous un même toit : la stratégie du groupe

Avec la reprise de Voltaire, Ultima Mobility compte désormais trois marques dans son portefeuille, aux côtés de Larrun, le fabricant basque de vélos cargo électriques repris en 2024 après sa propre faillite. Cette constellation pose naturellement la question du positionnement de chaque entité. Jérôme Mortal reconnaît lui-même que la stratégie doit encore être affinée pour éviter toute cannibalisation, notamment entre le futur Ultima Essentiel, qui pourrait marcher sur les plates-bandes des très urbains Voltaire. À l’image de ce que font d’autres acteurs français comme Vefaa près de Lyon, chaque marque devra trouver son créneau pour prospérer sans empiéter sur les autres.

La répartition qui se dessine semble néanmoins logique. Ultima conserverait le positionnement haut de gamme, technologique et polyvalent, illustré par des collaborations prestigieuses comme celle avec Eden Park. Voltaire garderait son territoire naturel de vélo urbain élégant à la française. Et Larrun occuperait le segment des vélos cargo, avec son longtail déjà commercialisé et un potentiel Ultima Cargo 29 Longride en préparation, un créneau en pleine expansion comme en témoigne l’arrivée de Decathlon sur le segment cargo.

Des ambitions industrielles et internationales affirmées

Le groupe ne se contente pas de fédérer des marques grand public. Ultima assemble également des vélos électriques en marque blanche pour des clients professionnels de premier plan, à commencer par JC Decaux qui a commandé 2 500 unités pour ses systèmes de vélos en libre-service. Cette activité B2B, couplée à une branche de distribution de composants, permet de diversifier les sources de revenus et d’amortir les variations du marché consommateur. L’objectif affiché est clair : équilibrer l’activité entre trois piliers — la vente aux particuliers, le B2B et la distribution.

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Sur le plan industriel, le site de Saint-Priest dispose aujourd’hui d’une capacité de production de 5 000 vélos électriques par an. L’ambition est de doubler cette capacité pour atteindre 10 000 unités, un volume nécessaire pour absorber la croissance attendue de l’ensemble des marques du groupe. L’internationalisation est également à l’ordre du jour, avec Voltaire déjà présent sur plusieurs marchés étrangers et Ultima implantée au Benelux. L’Allemagne, premier marché européen du vélo électrique, figure logiquement parmi les prochaines cibles. Le partenariat avec Eden Park, dont la notoriété dépasse largement les frontières françaises, constitue un levier de visibilité précieux pour accélérer cette expansion.

Un modèle français à suivre de près

Dans un marché du vélo électrique encore dominé par les marques allemandes et les importations asiatiques, Ultima Mobility trace une voie singulière. En fédérant trois marques complémentaires, en produisant sur le sol français avec des matériaux recyclés et en misant sur des motorisations tricolores, le groupe incarne une vision ambitieuse du made in France appliqué à la mobilité douce. Le chemin reste long pour transformer cette mosaïque de reprises en un groupe véritablement intégré et rentable, mais la dynamique est engagée. Le lancement de l’édition Eden Park et la montée en puissance industrielle de l’usine lyonnaise montrent qu’Ultima ne manque ni d’audace ni de ressources pour imposer son modèle dans un secteur en pleine mutation.

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