La course à l’innovation dans le secteur du vélo électrique pourrait connaître un tournant majeur dans les prochains mois. Giant, le géant taïwanais qui figure parmi les plus grands fabricants de vélos au monde, serait sur le point de lancer le premier vélo électrique équipé d’une batterie semi-solide. Une avancée qui, si elle se confirme, pourrait redéfinir les standards du marché.
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ToggleUne technologie entre lithium-ion et tout solide
Les batteries semi-solides occupent une position intermédiaire précise dans le paysage des accumulateurs électrochimiques. Elles se situent entre les accumulateurs lithium-ion classiques qui équipent aujourd’hui la quasi-totalité des vélos électriques, et les batteries tout solide dont la promesse reste encore lointaine sur le plan industriel. La différence fondamentale tient à l’électrolyte : là où les batteries conventionnelles utilisent un liquide, les semi-solides remplacent une grande partie de ce liquide par un matériau plus stable et bien moins sujet aux risques d’inflammation.
Ce choix technologique présente un avantage décisif pour la production à grande échelle. Contrairement aux batteries entièrement solides, dont les procédés de fabrication nécessitent des investissements colossaux et des technologies encore balbutiantes, les semi-solides restent compatibles avec les lignes de production existantes. De quoi faciliter considérablement leur industrialisation et leur mise sur le marché. Dans un contexte où les normes de sécurité sur les batteries de vélos électriques se renforcent partout dans le monde, cette stabilité chimique est aussi un argument de poids.
Giant s’appuie sur l’expertise de T&D, filiale de Bafang
Selon les informations relayées par nos confrères d’Electrek, la batterie que Giant s’apprête à intégrer serait issue de T&D, une filiale de Bafang, l’un des principaux fournisseurs mondiaux de motorisation pour vélos électriques. T&D avait déjà présenté un premier prototype de cette technologie lors de l’édition 2025 du salon EICMA à Milan, attirant l’attention de nombreux acteurs du secteur. Giant pourrait ainsi devenir le tout premier constructeur à commercialiser un VAE grand public intégrant cette avancée technologique.
Ce positionnement de pionnier n’est pas anodin. Il s’inscrit dans une dynamique concurrentielle intense, où les grandes marques cherchent à se différencier au-delà des seuls arguments de puissance ou d’autonomie. Être le premier à proposer une batterie semi-solide en grande série constituerait un avantage marketing et technique considérable, capable d’attirer une clientèle de cyclistes exigeants et technophiles.
Des gains techniques mesurables et concrets
Les premières données techniques communiquées par T&D font état de progrès substantiels sur plusieurs fronts. La densité énergétique de la batterie semi-solide serait supérieure aux solutions actuelles, permettant de stocker davantage d’énergie dans un volume identique. Concrètement, à capacité égale, le poids pourrait être réduit d’environ 20 %, ce qui représente un avantage considérable, en particulier pour le VTT électrique où chaque kilogramme impacte directement la maniabilité et la performance en terrain technique. Si vous cherchez à mieux comprendre comment choisir son VTT électrique selon des critères techniques, la question du poids de la batterie y est souvent au cœur du débat.
La résistance au froid constitue un autre argument particulièrement solide. La batterie conserverait environ 80 % de sa capacité de décharge à -10°C, là où les batteries lithium-ion classiques voient leurs performances se dégrader significativement dès que les températures passent sous zéro. Pour les cyclistes qui ne rangent pas leur VAE au premier flocon de neige, ce gain représente un confort d’utilisation hivernale réel et appréciable.
Une durée de vie doublée par rapport aux technologies actuelles
L’un des apports les plus significatifs de cette technologie concerne la longévité des batteries. Là où les accumulateurs actuels affichent généralement entre 600 et 800 cycles de charge avant de perdre en capacité, les semi-solides atteindraient environ 1 200 cycles. Autrement dit, une durée de vie potentiellement deux fois plus longue, ce qui change radicalement le calcul économique sur la durée.
Pour un cycliste qui recharge son vélo cinq fois par semaine, cela représente la différence entre une batterie qui tient deux ans et demi et une batterie qui tient cinq ans. Dans un secteur où le coût de remplacement d’une batterie peut représenter 30 à 50 % du prix d’achat initial du vélo, cet argument touche directement au porte-monnaie. Des modèles comme le Specialized Turbo Levo 4 ont déjà montré la voie sur ce que peut apporter une ingénierie batterie de pointe dans un VTT électrique haut de gamme.
Des questions ouvertes sur le calendrier de lancement
Si les signaux envoyés par Giant et son partenaire T&D sont encourageants, aucune date officielle de lancement n’a encore été communiquée. Le marché attend désormais de savoir sur quel segment Giant positionnera ce premier modèle : sera-t-il réservé à un VTT électrique haut de gamme destiné aux riders exigeants, ou la marque visera-t-elle une démocratisation plus large dès la première génération ? La réponse à cette question déterminera en grande partie l’impact réel de cette annonce sur l’ensemble du marché du VAE.
La batterie semi-solide ne représente certes pas encore la révolution définitive que promet la batterie tout solide. Mais elle constitue une étape intermédiaire crédible, atteignable à court terme et capable d’apporter des bénéfices mesurables aux cyclistes. Si Giant parvient à concrétiser ce projet, le secteur du vélo électrique pourrait bien entrer dans une nouvelle phase, où les performances, la légèreté et la durabilité ne seraient plus réservées aux budgets les plus élevés.


